Car à écouter les prestidigitateurs que sont les candidats de l’UMP, ils n’ont jamais défendu le libéralisme à Bruxelles et se sont toujours placés dans la défense de la sécurité des Français.
La réalité est que sécurité et liberté ont dans la politique menée en France comme dans celle qui a été et est défendue à Bruxelles ont des contours à géométrie
extrêmement variables en fonction des personnes auxquelles elles sont destinées à s’appliquer. La liberté doit être la règle en économie et en finance : de l’ouverture des magasins le
dimanche à l’absence de tout contrôle sur les rémunérations des dirigeants, du refus du moindre contrôle sur les banques à la déconstruction du droit du travail, le travailler plus pour gagner
plus s’affranchit de toutes les règles La disparition du pôle financier, celle du juge d’instruction, la dépénalisation du droit des affaires, l’extension du secret défense, toutes ces
réformes sont destinées à assurer la liberté de certains c‘est-à-dire leur impunité. Jusqu’au contrôle des frais dépensés par les parlementaires qui n’existe pas en France,
ce qui n’est pas le cas de l’Angleterre. En revanche, quand il s’agit de la liberté des consommateurs de manger sans OGM, de communiquer sans être fliqué, de se déplacer sans être surveillé, de
vivre sans être fiché, la liberté ne compte plus. Autrement dit, la liberté des uns s’arrête là où l’intérêt économique des autres, ceux qui ont le vrai pouvoir, commence.
Le même constat peut se faire à propos de la sécurité. La sécurité se construit globalement. Il ne peut y avoir sécurité au sens de la protection des personnes et des biens lorsque l’insécurité
économique et de l’emploi ne cesse de croître. Dans la mesure où il ne peut y avoir un policier derrière chaque citoyen, la peur vient, un temps, compléter le système. Et, alors, ou le régime
devient totalitaire, ou bien le système explose. Cela signifie que pour éviter l’un et l’autre, il faut attaquer le sujet de la sécurité autrement.
Or, ce sujet est un thème majeur de la construction de l’Europe car s’y rejoignent les questions économiques, sociales et politiques. Pourtant il n’est pas dans le débat, tout au moins en France et, ce pour une raison simple. Notre orientation actuelle tourne le dos à celle des démocraties du nord de l’Europe ou de l’Allemagne. Le débat autour de Hadopi en est une parfaite illustration puisque 80% du parlement européen a exigé que seul un juge puisse supprimer le droit d’accès à internet reconnu comme un droit fondamental. Le gouvernement français l’a méprisé et écarté en pleine campagne électorale, ce qui montre qu’une autre stratégie est en cours et que l’objectif est bien d’éviter tout débat susceptible de mettre en lumière la démarche pré-totalitaire dans laquelle Nicolas Sarkozy veut inscrire la France.
Oui, plus que jamais le rapport liberté sécurité dans tous les domaines est au cœur des différents projets en lice pour les élections
européennes.
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